A la recherche du prompt anonyme


C’est quoi une donnée personnelle ?

Pour enlever une telle donnée, il faut pouvoir la reconnaître, la sélectionner, et la modifier ou la supprimer. Aucune de ces trois étapes n’est simple. En tant qu’utilisateur final, comment savoir s’il s’agit d’une donnée personnelle ?

On nous parle tout le temps des « données personnelles ». Que ce soit dans un formulaire en ligne (« en remplissant ce formulaire vous acceptez que nous traitions vos données personnelles »), dans les actualités (« une autre entreprise a reçu une amende à la suite d’une fuite des données personnelles »), ou désormais dans le contexte de l’IA, on a probablement l’impression qu’on connaît les données ainsi libellées : nom, prénom, adresse, téléphone. Mais la définition est en fait beaucoup plus large. Le RGPD (Règlement général sur la protection des données), qui est entré en vigueur en 2018, définit les données à caractère personnel comme « toute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable ».

Avec cette définition, certaines données personnelles peuvent être relativement facilement identifiées, notamment les identifiants directs tels que les noms, les images, les adresses, et les numéros de téléphone. En revanche, beaucoup  d’autres sont moins évidentes. Il s’agit souvent d’identifiants indirects, c’est-à-dire d’informations qui ne permettent pas d’identifier un individu à elles seules, mais qui peuvent le faire en combinaison avec d’autres informations. Ces derniers peuvent comprendre l’âge, le genre, la localisation, et les adresses techniques numériques telles que l’adresse IP. Le contenu de nos messages peut également comprendre d’importantes quantités de données personnelles : en plus des noms, les lieux de domicile et de travail, les détails relatifs à nos relations, ceux concernant nos proches et nos collègues, nos heures de communication, et nos habitudes peuvent y être présents pour n’en nommer que quelques-uns.

De plus, même la façon dont on écrit peut divulguer des indices d’identité. Les choix stylistiques et la façon d’écrire (les emojis, l’emploi des majuscules, les tournures, par exemple) permettent souvent d’identifier qui écrit sans son nom, et pourraient constituer ainsi des données personnelles. La Cour de justice de l’UE a notamment clarifié que les réponses d’examen d’un individu peuvent constituer des données personnelles. Les identifiants directs et indirects constituent ainsi tous deux des données personnelles, créant ensemble un champ de données personnelles étendues, sans limite ; quelques universitaires ont même défendu l’idée que le RGPD est devenu « la loi de tout », puisque peu de données restent en-dehors de son champ.


L’anonymisation « classique » est-elle encore possible ?


L’anonymisation à l’ère de l’IA


Avec l’IAIfication, des données personnelles de plus en plus hors du contrôle de l’utilisateur


Sur qui pèse la responsabilité ?

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